Philanthropie et bonheur

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Mardi 20 juin 2017

Du bonheur d’être philanthrope : le don vu par l’économie du bonheur 

Dans de nombreuses cultures et traditions, le don est considéré comme une obligation morale, un devoir que l’on doit accomplir sans rechigner, en oubliant son propre intérêt. Devant la souffrance d’autrui, nous ressentons souvent de l’empathie, de la révolte, voire de la culpabilité. Ces émotions « négatives » ont d’ailleurs été utilisées par de nombreuses ONG dans leurs campagnes de collecte. Dans cette perspective, parler du bonheur de donner peut sembler incongru et même tabou. Le seul bonheur acceptable serait celui de recevoir. Pourtant, la recherche expérimentale en économie, en psychologie et en neurosciences nous apprend qu’il existe une relation intime entre le don et le bonheur. D’une part, l’acte d’offrir un cadeau ou de donner de l’argent a un effet positif sur notre niveau de bonheur ressenti. D’autre part, être de bonne humeur – tout comme le fait d’être optimiste – augmente notre propension à donner. Un cercle vertueux entre don et bonheur semble donc exister. Même si nous ne donnons pas consciemment pour être heureux, donner procure un bien-être important chez le donateur. D’où cette hypothèse intéressante : on devient philanthrope en partie pour reproduire cette sensation de bonheur, que l’on découvre indirectement par nos premiers dons… France générosités ne s’y est pas trompé, en lançant en 2016 une campagne de communication intitulée « Donner fait du bien, aux autres comme à soi-même ». Que faut-il retenir de ces recherches ? Que nous apprend l’économie du bonheur sur le don ? Comment les différents acteurs de la philanthropie peuvent-ils s’emparer de la question du bonheur pour améliorer leurs pratiques ? 

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