Lunch & Learn 2017


Lundi 6 novembre 2017

L'impact des politiques fiscales sur la philanthropie


Dans la plupart des pays développés, le gouvernement a mis en place des incitations fiscales variées pour favoriser la philanthropie. Bénéficiant d’un système de réduction d’impôts parmi les plus généreux au monde, les Français sont également soumis à des taux d’imposition élevés, rendant la défiscalisation des dons très attractive. D’ailleurs, les associations et fondations éligibles évoquent souvent le levier fiscal dans leur argumentaire (« Donner 100 € ne vous coûte en réalité que 34 € ! ») et craignent qu’une diminution de ces incitations n’ait un effet négatif sur le volume des dons. Mais ces mesures fiscales sont-elles réellement efficaces ? En économie, on s’intéresse à ce qu’on appelle « l’élasticité-prix du don » : si le coût du don baisse grâce aux incitations fiscales, les dons vont en théorie augmenter. Or, si des études empiriques aux Etats-Unis l’ont prouvé, certains économistes ont trouvé des résultats moins concluants ou limités aux contribuables les plus aisés. De plus, les donateurs ne déclarent pas forcément à l’administration fiscale le montant exact des dons qu’ils ont effectués, ce qui complique l’analyse. Alors, que faut-il penser des politiques fiscales d’incitation en faveur de la philanthropie ? Quels effets ont-elles réellement sur les comportements de don ? Quels mécanismes (déduction réduction, abondement) semblent les plus vertueux ? Faut-il ne toucher à rien afin de préserver le niveau actuel des dons ?

Avec :
  • Gabrielle Fack, Economiste, Professeur à l’Université Paris-Dauphine, PSL Research University 
  • Antoine Vaccaro, Président du CERPHI, Président de Faircom International
Podcast :


Mardi 20 juin 2017

Du bonheur d’être philanthrope : le don vu par l’économie du bonheur 

Dans de nombreuses cultures et traditions, le don est considéré comme une obligation morale, un devoir que l’on doit accomplir sans rechigner, en oubliant son propre intérêt. Devant la souffrance d’autrui, nous ressentons souvent de l’empathie, de la révolte, voire de la culpabilité. Ces émotions « négatives » ont d’ailleurs été utilisées par de nombreuses ONG dans leurs campagnes de collecte. Dans cette perspective, parler du bonheur de donner peut sembler incongru et même tabou. Le seul bonheur acceptable serait celui de recevoir. Pourtant, la recherche expérimentale en économie, en psychologie et en neurosciences nous apprend qu’il existe une relation intime entre le don et le bonheur. D’une part, l’acte d’offrir un cadeau ou de donner de l’argent a un effet positif sur notre niveau de bonheur ressenti. D’autre part, être de bonne humeur – tout comme le fait d’être optimiste – augmente notre propension à donner. Un cercle vertueux entre don et bonheur semble donc exister. Même si nous ne donnons pas consciemment pour être heureux, donner procure un bien-être important chez le donateur. D’où cette hypothèse intéressante : on devient philanthrope en partie pour reproduire cette sensation de bonheur, que l’on découvre indirectement par nos premiers dons… France générosités ne s’y est pas trompé, en lançant en 2016 une campagne de communication intitulée « Donner fait du bien, aux autres comme à soi-même ». Que faut-il retenir de ces recherches ? Que nous apprend l’économie du bonheur sur le don ? Comment les différents acteurs de la philanthropie peuvent-ils s’emparer de la question du bonheur pour améliorer leurs pratiques ? 

Avec : 
  • Mickaël Mangot, Economiste, Directeur général de l’Institut de l’Economie du Bonheur et auteur du livre « Heureux comme Crésus? Leçons inattendues d’économie du bonheur ». 
  • Nolwenn Poupon, Responsable des études et de la communication, France générosités.
Podcast : 

Mercredi 29 mars 2017

Standardiser la mesure d’impact social : peut-on parler le même langage ? 

Mesurer la valeur sociale créée par des associations, des fondations ou des entreprises sociales est devenu une priorité pour tous les acteurs de l’intérêt général, qu’ils soient bailleurs de fonds ou opérateurs de terrain. S’il existe encore des résistances à quantifier, voire à « monétariser » cette valeur sociale créée, un consensus s’est installé concernant l’importance d’évaluer la performance des projets d’intérêt général, au-delà de simples critères budgétaires ou financiers. La première difficulté qui se pose aux acteurs concerne la méthode : Que cherche-t-on à évaluer exactement ? De quels moyens dispose-t-on pour le faire ? Quelles approches privilégier et quels indicateurs utiliser ? Devant la grande diversité des domaines de l’intérêt général, des bénéficiaires concernés, des types d’activités proposées et des outils financiers mobilisés, mesurer la valeur sociale d’un projet semble nécessiter une approche entièrement sur-mesure. Une deuxième difficulté concerne donc la comparabilité des projets entre eux : l’association A créée-t-elle un impact social supérieur à l’association B ? Comment l’entreprise sociale C répond-elle au même problème social mais dans un pays voisin ? Tout en respectant la singularité de chaque projet, investisseurs et philanthropes cherchent désormais à harmoniser leurs critères de décision et leurs outils de mesure. Des initiatives comme le catalogue IRIS aux Etats-Unis et l’outil MESIS en France ont pour ambition de proposer des normes sectorielles, transparentes et partagées. Est-ce possible d’y parvenir ? Est-ce seulement souhaitable ? Quels sont les enjeux de la création d’un « langage de l’impact » acceptable par tous ?

Avec : 
  • Kévin André, Professeur à l’ESSEC Business School, spécialiste des méthodes d’évaluation de l’impact social.
  • Emeline Stievenart, Directrice associée de KiMSO, cabinet de conseil et d'évaluation spécialisé en impact social.
Podcast :